D’aucuns, dans la bonne société, considèrent qu’il est malséant d’afficher ses opinions politiques quand, d’une manière ou d’une autre, on n’en fait pas profession.
Eh bien, si l’activité professionnelle recommande une certaine réserve, je vais profiter du statut de retraité pour dire, dans ce domaine comme dans tous les autres, ce que je pense, sans plus risquer de nuire à mes espoirs de promotion !
Avant d’en arriver là, je voudrais dire à ceux qui partagent mes opinions que j’ai du mal à comprendre leur pudeur (leur crainte) à s’exprimer ouvertement, d’autant que cela comporte rarement un risque.
S’insurger1, en petit comité et entre amis, soulage certes, mais c’est strictement sans effet sur le cours des choses…dont on laisse en conséquence le tracé aux activistes de tous poils.
Une minorité qui sait donner de la voix et montrer ses biceps entre deux élections est, c’est bien connu, plus efficace (c’est un euphémisme) qu’une majorité qui n’ose s’exprimer que dans le secret de l’isoloir.
Alors, mes bien chers frères, mes bien chères sœurs, joignez vos voix à la mienne et crions ensemble notre propre ras-le-bol !!!
Cela dit, et contrairement à ce que pouvait laisser présager ce qui précède, j’ai plutôt apprécié la récente prestation de notre Président, même si les quatre ans et demi passés à la tête de l’état ont démontré qu’il était plus fort en paroles qu’en action.
A cet égard, je lui ferai néanmoins le crédit (le débit) de crises financière et économique majeures qui en ont laissé d’autres sur le flanc, ce qu’ignorent superbement ses détracteurs qui lui imputent exclusivement l’entière responsabilité des difficultés que traverse, avec d’autres2, la France.
Ras-le-bol d’entendre à longueur de journée les inepties proférées par une gauche qui, Mitterrand en tête, ne s’est jamais préoccupée d’autre chose que de son accession au pouvoir et des délices qu’il procure, sans jamais consacrer une minute de son temps au mieux être du pays.
Depuis cette triste figure de l’histoire française,se sont succédés une litanie de ses héritiers.
Pour ne citer que celui qui, à mes yeux, détient le pompon de l’incompétence et de la suffisance, je m’en tiendrai à Jospin, personnage falot s’il en est qui a réussi l’exploit de ne savoir tirer aucun parti des trois ans de conjoncture favorable de son mandat et dont il faut rechercher le bilan sous un grain de sable sans même être sûr d’en trouver un.
« Le socialisme, c’est (devenu) la politisation des jalousies »
J’ai oublié le nom de l’auteur de ces fortes paroles.
J’en réduirai cependant le champ en précisant « le socialisme à la française », ne me permettant pas de juger le socialisme tel qu’il est pratiqué dans d’autres pays…même si je pense dans mon for intérieur qu’il y est bien moins archaïque, moins démagogue et électoraliste, plus intelligent et plus réaliste, en un mot beaucoup plus sérieux.
- Je n’ai pas dit ̏ s’indigner ̋ par crainte d’amalgame avec les niaiseries à la mode et ceux qui les colportent à grands cris. Bonne affaire pour Stéphane Hessel (que j’ai lu) qui va pouvoir passer, pour les quelques années qui lui restent à vivre, d’une grande aisance (dont d’aucuns pourrait trouver à s’indigner) à l’opulence.
- Concernant le problème grec, j’espère le maintien du referendum et je ne serais pas mécontent que l’on saisisse l’occasion d’un non probable pour jeter comme des malpropres la Grèce et son peuple hors d’une Europe dans laquelle on n’aurait jamais dû les faire entrer. Je regretterai, a contrario, que l’on s’obstine à un acharnement thérapeutique qui n’autorise aucun espoir de rémission.
L’Europe, dont la construction est indispensable pour les générations futures, ne pourra devenir forte et tirer son épingle du jeu d’une compétition internationale inévitable si elle se leste, comme elle l’a malheureusement déjà fait au nom de je ne sais quelle logique (cohérence géographique ?) et au prix de quelles compromissions (?), d’une horde d’éclopés qui constituent pour elles autant de boulets.
Nous ne sommes déjà pas si bien portants nous-mêmes pour partager notre indigence avec des impotents.
Au suivant !
Charles Laborie
Je te trouve un peu dur avec Jospin.
Sous son mandat, la croissance Française a été la plus forte de l’Europe.
Il a eu tort de ne pas essayer de réduire la dette, au moins il ne l’a pas augmentée.
Tous nos dirigeants, quelle que soit leur couleur, ont considéré que la dette était naturelle. Cette vieille habitude française vient de ce qu’autrefois on pouvait la réduire facilement en faisant tourner la planche à billets.
Avec l’Europe ce n’est plus possible .
Aux dernières élections présidentielles, le seul à avoir parlé de la dette est Bayrou. Les autre candidats ont fait des promesses financées par la dette.
Les premières mesures prises par Sarkozy, réductions d’impôts ou de taxes diverses, ont été financées par la dette, les économies de fonctionnement ne pouvant les compenser qu’à long terme et encore.
Après, la crise a effectivement contribuée a augmenter la dette surtout en entraînant une baisse des recettes, les crédits aux banques ayant été remboursés.
Le futur président devra malheureusement essayer d’augmenter les impôts sans casser la croissance.
Je pense que Hollande fera cela mieux que Sarkozy.
Jean-Pierre GALLOIS
Loin de moi l’idée de débattre de la légitimité de l’Europe, mais force est de constater que le système financier sur lequel elle s’est bâtie est pour le moins usurpé. Son unique objet semble être de nous mener tout droit au nouvel ordre mondial, auquel la quasi-totalité de nos politiques ont un jour fait allusion, si ce n’est allégeance. On notera au passage qu’ils ne sont pas à une contradiction (démagogique) près puisque tous les partis français, sans exception, ont fustigé la loi Giscard-Pompidou de 73 (surnommée loi Rotschild, au vu de la carrière pompidolesque) sans qu’aucun n’aille jusqu’à mettre en lumière le fait que son abrogation n’aurait aujourd’hui aucun effet, dans la mesure où le traité de Maastricht en a entériné le principe au niveau supra national. Nous sommes donc effectivement condamnés à subir l’iniquité de cette dette abyssale sans fondement réel. Au passage, vous allez avoir du mal à me faire entendre qu’un pays où les enfants naissent avec une dette de 20000€ sur la tête est toujours une démocratie. Surtout quand on taxe les géants du CAC 40 à 5% et ma petite SARL à 33% … Le néo libéralisme est bel est bien une sorte de facisme qui ne dit pas son nom.
Peu de gens savent que Schumann, un des pères fondateurs de l’Europe, était au service de la CIA. Encore plus ignorent que les deux demi-frères de Sarkozy ont été élevés par Franck Wisner Jr, N° 2 de la CIA. L’un d’eux est aujourd’hui au conseil d’administration de Carlyle, prototype par excellence de la “World company” chère à nos guignols. L’Europe des peuples, l’Europe sociale, avec lesquelles on nous rabat les oreilles, ne sont que des mirages, de simples leurres destinés à tous ceux qui ont l’impression de s’informer tous les soirs à 20:00.
Continuez à vendre votre “vieil or”, pour ma part j’achète de la semeuse et de l’hercule argent à tour de bras, en prévision des jours meilleurs que nous concocte le nouvel ordre mondial … Et je ne saurais que trop vous conseiller d’en faire autant car les jours de l’Euro sont réellement comptés. J’ai d’ailleurs cru comprendre qu’au cours de son allocution, le petit Nicolas a dit qu’il ne nationaliserait pas les bancaires. Avez-vous vraiment besoin d’une traduction ?
Michel Vayssié 08/11/2011
Dans un contexte économico-financier particulièrement tendu, je pense que le temps est venu pour que nos politiques, du moins ceux susceptibles de gérer notre pays, parlent enfin un langage de vérité.
Quel est le contexte ?
La mondialisation a tout changé. Elle a profondément bouleversé le rapport de forces Occident/Emergents.
Il est par ailleurs communément admis par les observateurs et analystes de toutes tendances, que pour ce qui nous concerne, nous vivons une triple crise à laquelle nous devons faire face de toute urgence. J’en reprends les éléments ci-dessous :
Une crise industrielle. En trente ans, pensant s’assurer des profits maximum et des prix bas, l’Occident a perdu sa primauté industrielle, abandonnant la production aux BIC où les capitaux ont afflué (En à peine 10 ans la Chine a accumulé 3200 milliards de réserves de change). Il n’est qu’à dresser le déplorable bilan de notre pays qui en trente ans de gouvernance 50/50-Droite/Gauche a vu : la disparition sur la carte du monde de secteurs essentiels pour notre pays : charbon, acier, aluminium, chimie, machine-outil ; les délocalisations ; la crise de l’automobile, du nucléaire; une balance commerciale structurellement déficitaire.
Dans ce contexte l’Europe de la Communauté a ajouté une deuxième crise, celle de l’ambigüité des principes sur lesquels elle s’est édifiée. Avec l’avènement de l’Euro pour ancrer l’Allemagne dans l’Europe après la réunification, nous avons cru qu’il était possible de concilier fédéralisme budgétaire et maintien d’une souveraineté nationale. On constate aujourd’hui les dégâts engendrés par ce dilemme non résolu,(en dépit du vœu pieux des critères de convergence non respectés à commencer par les plus grands, la France et l’Allemagne) avec l’éclatement de crises budgétaires mortifères sur le plan social, généralisées dans l’Europe du Sud y compris dans notre pays. L’autre conséquence pernicieuse corrélative de cet inachèvement d’une construction fédéraliste budgétaire et financière, a été que la BCE a transféré, de fait, le financement des dettes souveraines aux banques commerciales, ce qui n’est pas leur rôle, mettant aujourd’hui en difficultés ce secteur vital pour nos économies.
Comme l’écrivait justement l’auteur d’une tribune récente, la troisième crise, celle de 2008, a crée une situation de non-retour. « Les Etats se sont précipités dans des plans de sauvetage et de relance économique qui ont porté les déficits et la dette à des niveaux jamais atteints en temps de paix »,ajoutant : « les attaques des marchés(perte du triple A américain, baisse des Bourses, défiance vis-à-vis de la dette des pays du Sud, mise sous surveillance de notre triple A) ne sont pas spéculatives mais politiques. Elle sanctionne l’absence de stratégie crédible et coordonnée de sortie de crise. »
Alors, dans ce contexte, pour redresser notre situation, quels choix courageux à mettre en œuvre au niveau national et quels politiques pour les assumer?
Quels choix ?
Le redressement des comptes publics ne pourra passer que par une réforme fiscale, qui ne nous leurrons pas, se traduira par un alourdissement des prélèvements sur les Français, tout en respectant solidarité et justice sociale.
Il faudra aussi remettre en cause la durée du travail à 35 heures, mesure qui a raté son objectif de création d’emplois et qui correspond à des dépenses annuelles d’au moins 20 milliards d’euros financées en permanence par du déficit et de la dette.
Nous ne résorberons les déficits sociaux (assurance-maladie, retraite, dépendance) qu’en travaillant plus et cotisant plus longtemps.
Enfin pour restaurer notre appareil productif et enrayer les délocalisations d’entreprises et d’emplois, il faudra oser le débat de l’instauration d’une TVA que l’on peut appeler sociale, anti-délocalisation, ou autrement, peu importe, qui serait une forme offensive de rééquilibrage du commerce mondial.
Quels politiques?
Certainement pas en écoutant les discours populistes et extrémistes d’acteurs politiques aussi inconciliables que Jean-Luc Mélenchon, Marine le Pen, Arnaud Montebourg, Benoit Hamon, Eva Joly sur les thèmes de la dé-mondialisation, du protectionnisme, de la sortie de l’euro, de la mise en cause de la légitimité du régime avec la VIème République, du « tous corrompus, tous pourris », autant « d’idées et solutions qui donnent l’illusion qu’on pourra s’en sortir sans se battre ». Constatons simplement que « dans l’histoire, aucune expérience d’économie fermée ne s’est traduite par une société prospère ».
Sur ces dangereuses idées populistes et extrémistes, tirons les leçons des sinistres expériences engendrées par l’Europe au XXème siècle.
Je ne vois pas le candidat issu de la primaire socialiste assumer de tels choix, ficelé qu’il sera par ses alliances/dépendances électorales et gouvernementales avec ses extrêmes (cf. ci-dessus), à l’exception de Marine le Pen, et lié qu’il est à un Parti qui a enfanté les 35 heures, veut rétablir la retraite à 60 ans, et prêche la dé-mondialisation.
La droite gouvernementale qui a toujours eu le courage d’exclure toute alliance avec ses extrêmes, me semble mieux à même d’engager les mesures de redressement. Elle l’a déjà fait avec la réforme des retraites. Il lui faudra certainement aller plus loin, notamment dans le respect des principes de solidarité et de justice sociale.
Mais in fine, pour le meilleur ou pour le pire, le peuple souverain tranchera.