Préambule
Les statistiques récentes de consultation d’Hermès indiquent que son lectorat s’étend maintenant bien au-delà de la liste de diffusion à laquelle est habituellement adressée l’annonce d’un nouvel article.
Bienvenue donc aux nouveaux lecteurs inconnus !
Profitons-en pour rappeler à tous que :
- vos commentaires sur les articles sont vivement souhaités. La rédaction (!!!) est, en effet, aveugle quant à l’intérêt (et aux réactions) qu’ils suscitent et ne peut en juger qu’au vu des statistiques de consultation du blog.
Pas de complexes ni sur le fond, ni sur la forme, l’important est d’échanger et de faire profiter les autres des remarques constructives, même si elles sont critiques, qu’un article vous inspire.
- vos suggestions de sujets d’articles seront prises en considération. Si elle s’en sent capable, la rédaction s’efforcera de les écrire.
- Si, par ailleurs, la plume vous chatouille (et j’en connais qu’elle chatouille !), n’hésitez surtout pas à gratouiller un article. Hermès se fera un plaisir de le publier sous votre signature, quelles que soient les opinions exprimées, pourvu qu’elles le soient de façon fondée et pondérée. La rédaction accepte même les textes manuscrits !
Là, ce serait le top, car la popularité croissante (n’exagérons rien !) du blog stresse paradoxalement la rédaction dans la mesure où elle se sent une obligation de l’alimenter de façon un peu moins erratique.
A quand un comité de rédaction !!!…En attendant, la rédaction fera ce qu’elle pourra !
I – Politiques de l’emploi
Alors que se profile à l’horizon un nouvel accroissement de l’âge de la retraite, visant à sauvegarder un régime à répartition qui fait contribuer les actifs au paiement de la retraite de ceux qui y sont, de nombreuses entreprises (privées) et non des moindres pratiquent encore une politique de gestion du personnel favorisant le départ anticipé de leurs cadres les plus âgés.
En raison de la dégradation du rapport qualité/prix de ces derniers, imputable non seulement à la baisse du numérateur, mais surtout à l’augmentation, habituelle tout au long d’une carrière, du dénominateur, ces entreprises, si elles en ont la capacité, préfèrent embaucher en remplacement des jeunes qui, s’ils n’ont pas l’expérience de leurs aînés, leur coûtent beaucoup moins cher et présentent, somme toute, un rapport qualité/prix bien meilleur.
Or, dans l’hypothèse d’un accroissement de l’âge de la retraite, la dégradation de ce rapport ne peut que s’aggraver dans le cas des seniors.
Alors, il est plus que temps de s’interroger, surtout en période de crise, au vu de la courbe des taux de chômage et avec la perspective de conjonctures difficiles, sur le bien fondé des principes en vigueur de rémunération des travailleurs.
L’objectif étant que le plus grand nombre ait un emploi et en vive décemment, plutôt que de mettre des gens à la porte, que ce soit sous forme de licenciement économique à tout âge ou de départ anticipé à la retraite, ne serait-il pas préférable d’étudier l’indexation des rémunérations sur la rentabilité des postes tels qu’ils sont tenus ?
Va-t-on encore longtemps, quelle que soit la conjoncture objective, s’accrocher au principe des avantages acquis et de l’augmentation “à cliquet” des rémunérations et des effectifs ?
Va-t-on enfin comprendre qu’il n’est plus temps de camper sur des positions que les conjonctures actuelle et très probablement futures ne peuvent que rendre intenables.
Pour ceux qui ont eu la chance de connaître des temps moins difficiles et bénéficient aujourd’hui d’une retraite correcte, il est certes aisé de tenir de tels propos, mais il est à craindre qu’ils n’en demeurent pas moins vrais.
Il faut aujourd’hui se persuader que tout est préférable au chômage(1), même si cela doit passer par des sacrifices sur les rémunérations et sur la stabilité géographique. Il vaut mieux être moins payé ici ou ailleurs que d’être au chômage ici.
Les syndicats (français, car leurs homologues d’autres pays ont compris depuis longtemps) qui persistent à mener un combat d’arrière garde dans ce domaine rendent un mauvais service à ceux qu’ils prétendent défendre.
En se montrant intransigeants sur le maintien d’activités devenues soit non rentables, soit obsolètes, soit les deux, ils n’ont dans la plupart des cas que provoqué la disparition d’entreprises et la mise à la rue de la totalité de leurs employés, là où un peu d’intelligence dans les négociations aurait sans doute permis la survie de ces entreprises et le maintien au moins partiel des emplois.
Le principe bien compris du syndicat, de par le contre pouvoir qu’il exerce dans l’entreprise est pourtant positif, car, de son côté, un patronat sans entraves peut difficilement résister à la tentation de dérives.
Si, au 19ème siècle et pendant les deux tiers du 20ème, l’action des syndicats s’est avérée sans conteste bénéfique pour les travailleurs, elle s’est complètement dévoyée par la suite pour faire d’eux aujourd’hui les pires tueurs d’emplois.
Fin du couplet sur les syndicats.
Adoncques, afin de protéger les travailleurs du chômage, ne pourrait-on pas instaurer un principe de modulation des salaires au long de la vie active ? Et là, les syndicats pourraient trouver une nouvelle utilité dans l’objectivation individuelle ou collective de courbes de salaire variant en fonction de la conjoncture, de la situation des entreprises, de l’évolution des postes…
En d’autres termes, cela veut dire qu’un travailleur connaîtrait des périodes où il gagnerait moins, notamment en fin de carrière, cela valant de toutes façons mieux que d’être licencié ou mis à la retraite de façon prématurée.
Quelques entreprises intelligentes, en difficulté économique et dans lesquelles ne sévissaient aucun syndicat, ont montré un exemple salvateur en négociant à l’amiable avec leurs employés une réduction des salaires en attendant des jours meilleurs.
(1) Concernant les indemnités de chômage, il est inadmissible qu’aucun service public ne soit en contrepartie assigné au chômeur, car, si tout travail mérite salaire, tout salaire doit exiger un travail. Cela devrait avoir pour effet de motiver davantage les chômeurs dans la recherche d’un emploi régulier plus rémunérateur et les détournerait d’une oisiveté qui, dans la plupart des cas, est source de délinquance.
II – Les théâââââtres
Le nombre de théâtres et d’acteurs de statut professionnel connaît depuis quelques années une croissance galopante.
Sur 2 200 lieux de spectacle en France, il y a plus d’un millier de théâtres, dont 135 rien qu’en région parisienne.
Fort bien ! Interprétons a priori cela comme un signe de bonne santé de la culture française.
La profession d’acteur est une profession libérale. A notre connaissance, les professions libérales doivent subvenir elles-mêmes à leurs besoins sans faire appel à une quelconque aide extérieure, sauf, éventuellement, à celle de leur banque qui va la leur facturer au prix fort.
Mais, avantage acquis passé dans les mœurs et qu’il serait de mauvais goût de critiquer, il y a beau temps qu’un bon nombre de théâtres sont subventionnés par l’Etat, et à travers eux les acteurs qui s’y produisent.
Or, voilà-t-y pas que, du fait de leur propre prolifération, le montant des subventions dévolues aux théâtres, même s’il croît, est à diviser en un nombre toujours plus grand de parts, et que, de ce fait, chaque part est de plus en plus congrue…au grand dam des acteurs qui, bien entendu, réclament à grands cris que les subventions évoluent en proportion ad libitum.
Si l’on veut parler vrai, il faut bien convenir que la plupart de ceux qui ont choisi de devenir acteur “professionnel” ne sont que des opportunistes sans talent ni culture, profiteurs d’un système qui leur offre de se faire plaisir aux frais de l’Etat (lire : du contribuable), puisque très peu de théâtres, pour ne pas dire aucun, se suffisent à eux-mêmes.
Espérons que l’aspect provocateur des textes de cette parution en fera réagir quelques-uns.
Charles Laborie
Politique de l’emploi.
Il s’agit en effet d’un sujet crucial pour la paix sociale et le devenir de notre société. Je rejoins pour l’essentiel l’analyse d’Hermès et ses propositions, notamment :
• D’incitation à la mobilité géographique,
• D’acceptation de sacrifices de rémunérations en situation de crise
• D’obligation de contreparties minimales des chômeurs en période de versement d’indemnités compensatrices.
L’idée d’une politique dirigée d’administration des salaires sur la durée d’une vie active me paraît plus difficile à réglementer, d’autant qu’elle va quelque peu à l’encontre du principe de liberté (voire d’incitation à plus de mobilité géographique.)
Notons que dans les faits, les grandes entreprises ne se gênent pas pour pratiquer une politique de plafonnement des salaires de leurs employés en fin de carrière.
Mais, autre point soulevé par Hermès, s’il est un domaine sur lequel il conviendrait de mettre d’urgence le holà, c’est bien celui de la pratique par les entreprises, privées ou publiques, de départs anticipés à la retraite de leurs employés.
Depuis trente ans, ces pratiques insidieuses ont eu des effets désastreux sur le déficit de nos finances publiques, sur la compétitivité de notre économie, et des conséquences perverses sur les mentalités.
Financièrement elles ont fait supporter la charge exorbitante des « jeunes » retraités sur les caisses de retraite comme le souligne Hermès, mais peut-être plus gravement encore sur les ASSEDIC, toutes charges pesant sur les actifs et sur les contribuables, et creusant inexorablement au fil des ans des déficits vertigineux.
Economiquement elles ont été synonyme de pertes de matière grise et de savoir faire avant l’heure et ipso facto de dégradation de productivité entrainant un affaiblissement continu de la compétitivité de nos entreprises au plan mondial.
Au chapitre des conséquences perverses sur les mentalités, elles ont alimenté le dangereux processus d’un côté, de dépréciation de la valeur travail et de l’autre, d’idéalisation d’une culture du loisir déresponsabilisante et démobilisatrice (avec pour panacée le couple 35 heures/RTT), créant par ailleurs dans notre société des sentiments d’injustice, d’inégalités, de privilèges.
Et pourtant, force est de constater avec désolation que depuis donc bientôt trente ans, ces pratiques destructrices ont été curieusement couvertes par syndicats et gouvernements successifs, de droite ou de gauche (depuis mai 1981, droite et gauche ont eu une occupation de terrain de gouvernance à peu près égale avec un petit avantage pour le gauche à ce jour).
Pourquoi ?
Si quelqu’un pense détenir la réponse, je suis preneur.
Salut à vous, Ô grands rois du vélo !
Au risque de vous décevoir, je vais simplement décliner l’invitation au débat (même houleux). Et puisque vous semblez refuser de faire la part des choses, je vais moi aussi y aller de ma provoc’ à 2 balles et proposer qu’en parallèle de la nécessaire nationalisation des banques, l’on procède à la vasectomie des barons du CAC40 et de leur descendance.
Parce que les 11500 milliards de dollars de fortunes privées planquées dans les paradis fiscaux représentent 16 fois le plan Paulson, 32 fois le sauvetage de la finance tricolore opéré par notre minarque, et 230 fois l’éradication de la famine dans le monde.
Tobin, petit joueur ! (Ou, au choix : “avez vous bien rempli votre déclaration ?”)
PS. Pour un état des lieux vraiment objectif, je vous recommande chaudement la lecture de cet article : http://blog.mondediplo.net/2010-05-07-Crise-la-croisee-des-chemins après laquelle nous pourrons disserter sur les efforts que la finance entend imposer aux grecs …
Salut Les clanpins !
Moi, la seule proposition efficace que je puisse vous faire est la suivante: discuter de tout cela autour d’un sauciflard et d’une bouteille de Chateau Pipeau (bon petit St émilion). Ceci nous rassemblera tous.
Après on pourra disserter sur les propositions un poil rigides de Charles, et sur les excès altermondialistes de Goupil pour former, ENSEMBLE, un monde meilleur.