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1. Discipline et éducation.

La discipline sociale et en particulier scolaire des mineurs est affaire d’éducation familiale.

Elle n’est en aucun cas de la responsabilité des enseignants qui ne devraient avoir à intervenir que dans les très rares cas où il y a défaillance des parents dans l’éducation de leurs enfants.

Il revient cependant aux enseignants et aux chefs d’établissement de fixer les limites d’une tolérance socialement acceptable, au-delà desquelles ils ont le devoir de s’imposer le courage de sanctionner tout débordement.

Ca, c’est la théorie et, plus trivialement, du baratin.

Car, aujourd’hui, nous en sommes malheureusement très loin.

Mai 68 a eu dans ce domaine des effets dévastateurs. A la décharge de tous ceux qui en ont été les acteurs, pour ne pas dire les activistes, il est vrai que la France restait alors engoncée dans un carcan social anachronique.

L’exagération répond toujours à l’exagération.

“On” aurait dû réaliser plus tôt que, de dérives en dérives, on allait, à la faveur du laxisme électoraliste de nos gouvernants successifs, en arriver à la situation désastreuse dans laquelle s’embourbe aujourd’hui notre jeunesse.

Ce n’est certainement pas à elle qu’on doit en faire porter la responsabilité, mais aux adultes, parents et enseignants, qui ont progressivement démissionné de leurs responsabilités respectives.

On ne s’étonnera donc pas que l’enseignement privé, ce ghetto social, prospère de jour en jour et obtienne, au détriment de l’enseignement public, de meilleurs résultats alors que, paradoxalement, le corps enseignant du premier est en moyenne moins diplômé, donc en principe moins compétent, que celui du second.

Après les collèges et les lycées, il ne faut pas être grand prophète pour prédire, surtout au vu du  bilan du mouvement étudiant de ce printemps, l’apparition à moyen terme d’universités privées.

Dans ce paysage de ruines quelque peu sinistre, de rares fleurs parviennent cependant à pousser. On a pu, en effet, lire dans Le Monde du 21 août un article qui, sous le titre :

Mme Lembert, principale de l’établissement Romain-Rolland, près d’Angoulême, expérimente avec succès la « tolérance zéro ». Sans portique ni caméras de surveillance,

relate comment, dans un contexte difficile d’élèves de quinze nationalités issus de milieux socioprofessionnels défavorisés logés dans les “barres” voisines, les enseignants du collège sont arrivés à faire respecter une discipline sans faille et, de ce fait (il n’y a pas de résultats sans un minimum de discipline), à obtenir une moyenne au brevet des collèges identique à celle de l’académie. « Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait ».

Aujourd’hui et déjà depuis des années, on a des problèmes avec la surenchère à la frime pratiquée par les élèves (aux frais des parents).

Depuis la récente rentrée scolaire, viennent s’y ajouter les difficultés rencontrées par les enseignants concernant l’usage abusif par les élèves de leur téléphone portable et l’apparition d’une nouvelle surenchère sur les modèles (toujours aux frais des parents).

On croit rêver !

Que les enseignants qui ne savent pas se faire respecter prennent donc exemple sur ceux du collège Romain-Rolland !!! Encore faut-il avoir un peu de courage (et de solidarité dans l’application d’une même discipline).

Il n’en reste pas moins que ces surenchères forcent les parents d’élèves à ponctionner des budgets familiaux le plus souvent réduits pour faire plaisir, et encore pas toujours, à ces chers petits et surtout pour leur éviter de souffrir de complexes vis-à-vis de leurs camarades “chébrans”.

Pour ceux qui n’en ont vraiment pas les moyens, il ne reste que la solution de “taxer” le Chevignon et/ou le Iphone d’un élève plus riche, ou du moins qui tient à le paraître.

Tout ceci pour en venir à la suggestion suivante :

Afin de tenter de résoudre, au moins en partie, ces problèmes d’économie familiale et de délinquance scolaire, ne pourrait-on pas imposer aux élèves :

  • une tenue simple, esthétique mais uniforme ?
  • le dépôt des téléphones portables à l’entrée de l’établissement, comme des vêtements au vestiaire (cela créera des emplois).

Bien sûr de telles mesures entraîneront un manque à gagner significatif pour le commerce de la fripe et des portables, et par voie de conséquence en impôts pour l’Etat. Afin de réussir dans leur application, il sera sans doute nécessaire de procéder établissement par établissement (il doit bien s’en trouver de volontaires) pour finir par susciter un consensus général.

Allo Luc Chatel ?

 

2. Education et emploi

Dans le chapitre précédent, on évoque le lien de cause à effet qui existe entre la démission croissante des parents de leur responsabilité d’éducateurs et l’indiscipline, voire la délinquance des enfants.

Mais peut-on en vouloir à un couple de travailleurs, de retour chez lui le soir, après une longue et dure journée, parfois passée pour une bonne part en transports, de ne plus avoir la force :

  • de s’occuper attentivement de ses enfants et notamment
  • de vérifier que leur journée s’est passée normalement,
  • de s’assurer qu’ils ont fait leurs devoirs,
  • de les y aider si nécessaire,
  • de veiller à leur hygiène alimentaire en les nourrissant de façon équilibrée sans succomber à leur préférence pour tout ce qui risque de les conduire à une obésité qui est en passe de devenir, dans le domaine de la santé, un véritable fléau social et économique,
  • de leur préparer un vrai repas, seul moment de rencontre et d’échange de la journée, qui ne se résume pas à laisser chacun se servir dans le frigidaire de ce qui lui tombe sous la main pour aller s’affaler dans le canapé et le grignoter en regardant la télévision.

Non, on ne peut pas le leur reprocher.

On ne peut donc, malheureusement, que faire le constat qu’il y a incompatibilité apodictique entre les activités d’une majorité de parents et l’éducation de leurs enfants.

Alors, si l’on proposait aux couples de travailleurs de porter le salaire de l’un des deux, en contrepartie de la cessation d’activité de l’autre, à au moins une fois et demi (au hasard donc à calculer plus sérieusement), ce qu’il est, sans doute cela en ferait-il réfléchir plus d’un, surtout quand on sait les frais engendrés (transports, garde des enfants,…) par l’activité des deux et qui viennent en déduction de leurs revenus, ainsi que la fatigue et le stress résultant d’une pression au travail croissante.

Ainsi l’homme (ou la femme) revenu(e) au foyer pourrait-il (ou elle) consacrer le temps nécessaire à l’éducation de ses enfants.

Les employeurs auraient alors, pour les remplacer et remettre à niveau leurs effectifs, à puiser dans le réservoir des demandeurs d’emploi, réduisant ainsi sensiblement le nombre des chômeurs.

Bien entendu, une telle proposition vise, au premier chef, les travailleurs aux revenus modestes, dont les smicards, et n’intéressera sans doute pas ceux qui, ayant fait des études longues, souhaitent continuer à exercer leur savoir dans la vie active.

Faisons un rapide calcul :

  • les effectifs de la population active française sont de l’ordre de 28 millions de travailleurs,
  • près de 5 millions d’entre eux, dont 3,1 millions de smicards, ne peuvent vivre décemment sans deux salaires au foyer,

Hypothèse vraisemblable : 2 millions de couples actifs sont susceptibles d’adhérer à la proposition, donc de libérer autant d’emplois.

Le nombre de vrais chômeurs (catégorie  A) s’élevant aujourd’hui à 2,8 millions, soit 10% de la population active (3,6 millions si l’on inclut les catégories de chômeurs B, C et D), il devrait alors tomber à 0,8 million, soit 3 % de la nouvelle population active de 26 millions de travailleurs.

Ces chiffres pourraient encore être réduits si l’on étendait le même type de proposition aux couples constitués d’un actif et d’un chômeur, en radiant ce dernier de la liste des demandeurs d’emploi avec pour contrepartie le report de ses indemnités majorées sur le salaire de son conjoint.

Si cette proposition trouve une partie de son financement dans les 2 millions d’indemnités devenues sans objet, il reste, bien entendu, à trouver le complément (2 millions de majorations), et cela nécessairement par négociation entre employeurs et Etat.

Allo Xavier Darcos ?

Charles Laborie

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